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Voyageur, entends-tu la Grande Voix de l’Univers ?
Qu’il n’est de frontières pour étouffer la quête des âmes libertines, ni de vents pour en emporter le souffle flamboyant, elles, qui depuis la nuit des temps, aiment à endosser des corps fragiles et à vivre des joies mutines, les danses et les orgies de l’Inde des Dieux bénie, le premier baiser qui affole le sein nubile, à éprouver et éclairer toute douleur aussi, Anne qui pour retrouver le sourire des cieux tend un cou gracieux, un âne qui avant de quitter le monde méchant des hommes cherche la caresse d’un troupeau de brebis, une petite fille qui, à sa poupée de chiffon, avant de s’éteindre, dit comme à un ange, adieu,
Qu’il n’est de mesures pour en mesurer les extases, ni de musiques pour en consoler, elles, qui entendent et s’enivrent de tous charmes, le tigre qui gronde sa compagne, les orgasmes des jeunes filles qui parlent aux Anges, la mésange qui parle à Dieu,
Qu’il n’est de commandements pour en reprimer les ivresses, elles, qui avec délice, font l’amour à toute soeur ou à toute beauté éclair,
Qu’il n’est créatures dans le Cosmos infini à n'en accueillir, ni de solitudes pour en languir les songes, elles, qui avec malice, égaient les rêves des mortels solitaires,
Qu’il n’est d’ombres pour en limiter la vision, ni de lumière pour en brider la vitesse, elles, qui d’un battement d’ailes, et pour s’enquerir de tout secret, l’hirondelle qui fait son nid, l’étoile qui fait son lit, surpassent les vaisseaux les plus rapides, les civilisations les plus volages,
Qu’il n’est d’orages pour en effrayer, elles qui, sans ciller, voient les soleils exploser et les mondes s’effondrer,
Qu’il n’est de gouffres impossibles pour elles de sonder, ni d'immensités impossibles d'explorer, elles qui, à n’en perdre jamais haleine, courent les Nébuleuses et les Galaxies pour de fabuleux rayons s'éblouir,
Qu’il n’est d’atmosphères dans l’univers pour en retenir, ni soleil pour en consumer les ailes, car les astres, pour une âme folâtre, sont pareils aux fleurs pour le papillon.

Aux mains de la momie



Autosuffisance



d'Annette H(e)aven...

Dans l'oeil d'Oshii



L’âme n’a suffisamment de feu et de magie à rester prisonnière d’un corps triste et retenu. L’âme, pour ici bas nourrir sa lumière, retrouver un peu de son invincibilité et de sa grâce, a besoin d’un corps fétichisé et ludique. Nous dit Oshii, via Avalon et la dame en gris.

Dellamorte dellamore Sharon



Mais qu'avez-vous fait à Sharon ?

Inferno



D’avoir avec Inferno offert au 7ème art tout à la fois un opéra et un cauchemar, Argento offrait au spectateur un spectacle grandiose et un voyage hallucinogène à n’en croire ni ses oreilles ni ses yeux, ni son coeur ni son cerveau. D’ordinaire rompus à moins d’ampleurs et à moins de couleurs, à moins de convulsions et à moins de contradictions, à moins de secousses et à moins de paniques. D’avoir voulu célèbrer ses saillies sanglantes en les associant cette fois au choeur du Nabucco de Verdi (et inversement), d’avoir arrangé un rendez-vous entre la pleine lune et le « Va, pensièro » dudit compositeur, d’avoir été fidèle à ses obsessions en associant l’expérience de la peur à des donzelles aussi sensuelles qu’Irène Miracle, Eleonora Giorgi ou Daria Nicolodi, de prendre un malin plaisir à les plonger et à les faire évoluer dans des mondes engloutis ou labyrinthiques, de les en soustraire (très temporairement), le sein qui pointe et qui palpite, de donner au vent et à la pluie le pouvoir d’incarner le déchaînement des forces souterraines (qui ici à chaque instant ourdissent de sourds complots contre le monde des vivants), le maestro créait une sensationnelle alchimie entre l’exaltation de la beauté et l’irruption de l’effroi. D’avoir ainsi élevé le regard et l’ouïe tout en excitant l’épiderme, Argento faisait sienne la poésie de Baudelaire qui veut que la fleur est parfois la promise du mal, que la rose est faite aussi de son épine, que le tombeau le plus beau appartient aussi au ver qui ronge son locataire.

Les yeux grands ouverts



Je suis Hal 9000...

Open your mind



A raconter l'histoire d'un regard en mélancolie qui gagne une lumière et des ailes fabuleuses, Avalon et Ghost in the shell, grâce à la vision sans limites de Mamoru Oshii et à la composition extatique de Kenji Kawai, ont l'immense beauté de nous faire épouser la naissance et l'envol d'un ange. Et la couronne de l'oubli de disparaître...

Je suis Ash.
Je suis Motoko.

A la recherche de l'Ombre



Fais-moi entrer.

Dans un champ de blé où des hommes se font une guerre virtuelle, soudain, un rayon de lumière pure troue un ciel fermé et opaque, apportant à ce monde sinistre et froid une héroïne, depuis un échec collectif solitaire. Ses yeux de feu embrasent sa triste existence et leur funèbre jeu. Sa mèche cendrée qui foudroie et consume les autres joueurs lui doit son surnom de dame en gris. Son âme ardente et rebelle perçoit au loin une haute et noble chanson qui parle d’une île de légende. De son verger de pommes et de brumes. Où ses frères et soeurs y gagnent le droit de se "reposer ". Après avoir imaginé quelques échappées mortelles et corporelles (les esprits aussi ont le besoin de fuir), de la classe primaire à la classe dite réelle. Où il est aisé de perdre ses couleurs, le gris compris, et de se perdre. Il est dit que beaucoup ici bas, dans le monde sépia où "vit" la dame en gris, ne font que de la figuration virtuelle. Dans notre monde, ce sont des âmes en peine, ou éteintes ou en sommeil. Il est dit aussi que dans ces mondes alternatifs, les bassets hound ou les chiens-loups, les colombes ou les mouettes, sont des miroirs et des phares. Qui reflètent nos solitudes et se donnent en jalons. Qui sont donc autant de brèches dans nos amnésies. Des amnésies ici dictées par la Fée Morgane et les huit autres dames de l’oubli. De voir disparaître son basset, Ash perdra son unique repère, son unique attache, son unique bouée. Il sera temps alors pour elle de "mourir", de s'en aller.
Et pour la dame en gris, célébrée par un c(h)oeur d'opéra, après avoir chassé des fantômes, retrouvé et capturé l’Ombre, de se souvenir à nouveau du monde extérieur et de son immortelle patrie. Et de partager la réalité des Neuf Soeurs. Et de retrouver à nouveau ses racines quantiques et le Multivers.

A V A L O N

Profondo rosso


Vous venez de voir Profondo rosso…

Nous dit le générique de fin du maître giallo. Qui, davantage qu’un simple reflet, fige un regard à l’envers. La vérité est souvent à cette condition, nous dit ainsi Dario Argento, pour qui la quête et ses aléas/affres disent et valent plus que la révélation.
D’avoir dans Profondo rosso à mettre en scène une série de crimes perpetrés pour continuer à en cacher un seul, Argento davantage ici préfère l’ivresse de la recherche de la vérité, celle qui, au commencement dans un théatre, se révèle à une médium, celle qui, plus tard, au rythme stressant et entraînant des Goblins conduit le héros, un pianiste, à explorer et fouiller une villa longtemps abandonnée à son horrible secret, celle aussi qui entend percer le pourquoi d’une comptine pour enfants entendue avant que le tueur ne tente de le réduire au silence, celle encore qui lui permet, en deux temps, la découverte d’un dessin infantile racontant un traumatisme, celle qui disparait et réapparaît au gré d’une buée, celle enfin qui lui avait échappé dès le début de l’histoire. D’avoir pris un miroir, et donc son reflet, pour un tableau parmi de nombreux autres, la vérité lui était apparue, comme au spectateur, lors des premières minutes du métrage. De confirmer ainsi pour Argento, outre qu’il eut été préjudiciable au héros, et bien-sûr au film, de s’affranchir de la suite, que la vérité révélée importait infiniment moins que l’investigation onirique et déambulatoire de son héros. D’ajouter donc pour le cinéaste qui va suivre que la vision fantastique du monde importe bien davantage que la froide et morne réalité présumée. Suspiria et Inferno en apporteront une preuve éclatante.

Dellamorte dellamore di Mario Bava


Bien des raisons nous font aimer le cinéma de Mario Bava. Nous saluons en premier lieu une belle ambition, couronnée d’un succès rarement démenti : saisir la musique et l’étreinte de la nuit et du temps. Grâce à des trompe-l’oreille (le vent qui fait croire aux loups) ou des trompe-l’oeil (le brouillard qui fait croire à l’esprit des morts, et qui, semblant s’échapper de la terre, particulièrement des tombes et tombeaux, vient s’emparer des vivants). Grâce à son décorum et à sa photographie gothiques, en couleurs ou en noir et blanc. Nous admirons ensuite une vision fantastique, indélébile pour le spectateur : du Masque du démon aux Trois visages de la peur en passant par Opération peur, Bava n’a cessé en réalité de décliner une fascinante jalousie. Entre trois divinités grecques, Eros, Himeros et Thanatos, personnifications de l’amour, du désir et de la mort, pour l’éternité condamnés à s’envier dans le monde et l’oeuvre de Bava. Cette confusion donne aux films du maestro une ambiance étrange et attirante, inquiétante et envoûtante, en un mot fantasmagorique. Le goût du cinéaste à filmer des ruines et des demeures depuis longtemps abandonnées, promises à l’enlacement des lianes et des racines ou aux toiles d’araignées géantes, vestiges d’une époque révolue faite de splendeur mais aussi d’épouvante, rejoint celui d’y voir évoluer des jolies donzelles en nuisettes, pulpeuses à souhait, offertes à l’assaut du vampire, prêtes à donner leur sang et leur âme. Cette obsession, celle aussi des mannequins et des poupées, des statues et des gargouilles, des tableaux et des miroirs, ou encore des cercueils béants, rejoint la nôtre d’y voir associés des rêves d’éternité figés ou échappés. D’y voir ces rêves parfois échoués ou profanés, d’y voir souvent des amours et des haines se prolonger post-mortem, d’y voir enfin d’immémoriales légendes et malédictions, soit des désirs et des peurs remontant à la nuit des temps, immortalisées.

L'oiseau au plumage de cristal



Pour danser d’autres bals elle était encore prête,
Tant la mort fut pressée à prendre un corps si beau !
Et ces roses d’un jour qui couronnaient sa tête,
Qui s’épanouissaient la veille en une fête,

Se fanèrent dans un tombeau.

Victor Hugo, Les Orientales.

A la recherche de Sharon

Dans l'oeil de Sharon



Les petits meurtres d'Agatha Christie


Cette maison doit valoir une coquette somme !
Je ne l’ai pas tué. COMPRIS ?

La so british Agatha Christie et son univers peuvent-ils s’accomoder de l’esprit et de la langue de Molière ? La vénérable romancière peut-elle se décliner sans recourir à ses deux piliers, ses deux plus fins limiers que sont le belge Hercule Poirot et l’anglaise Miss Marple ? A ces interrogations, la série Les petits meurtres d’Agatha Christie répond on ne peut plus brillamment que la campagne (le chnord en particulier) ou les côtes françaises sont un parfait terreau pour abriter les intrigues et mettre en scène les meurtres alambiqués de la reine du polar. Mais pas seulement. La série rend aussi un hommage appuyé aux plus grands poètes. A Hugo, à Verlaine, à Rimbaud... En les citant régulièrement via la bouche du Commissaire Larosière, poète en presque toutes circonstances. Voire parfois en mettant en scène leurs poèmes, du dormeur du Val à Ophélia. On le voit, Agatha Christie n’est pas la seule raison d’être de cette aventure télévisuelle. Qui, outre de terribles crimes, dit aussi de belles rimes. Qui renvoie de beaux regards de filles, et de beaux sourires de garçons. Qui, outre de belles et inquiétantes forêts fauves, montre aussi qu’un ciel noir de menaces a parfois aussi rendez-vous avec une lune de miel. Que les corbeaux y sont aussi d’Edgar Allan Poe, que nos étangs peuvent être également dédiés et dévolus à toute Ophélie qui s’y échouerait et reposerait (La plume empoisonnée). Q’une neige soudaine, outre de provoquer un beau moment suspendu, peut saluer une belle union (Am stram gram). Qui raconte des baisers volés ou fugitifs, de belles réconciliations (la fin de Petits meurtres en famille), de poignants ou drôlatiques attachements (Angélique et Emilie, Angélique et le petit cochon, dans La plume empoisonnée) ou encore une foi inaltérable (en une gueule cassée, celle de Denis Lavant dans Les meurtres ABC). Qui dit qu’un vol de voiture peut avoir tout d’un envol, tout en scellant une paternité et une filiation retardées (Le chat et les souris).
A ces interrogations donc, Les petits meurtres d’Agatha Christie affirme que Marius Colucci (le digne fils de son père) dans le rôle du gaffeur et très attachant Inspecteur Emile Lampion et Antoine Dulery dans celui du fringant Commissaire Jean Larosière, tous deux formidables, donnent une truculence bienvenue aux arabesques de la redoutable Agatha, que ses scénaristes et réalisateurs ont, malgré tout le respect et l’attachement que nous portons au Poirot de Suchet ou d’Ustinov, non seulement concocté la meilleure adaptation faite aux romans d’Agatha Christie, mais aussi écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de la télé française. Si ce n’est la plus attachante. Aux côtés de son illustre et très poético-littéraire Rocambole. Pourquoi "petits" ?

Hein ma pépette. Bisou Maman.

Ascenseur pour les étoiles


S’affranchir du père pour embrasser la vitesse de la lumière. Nous dit Blade Runner, via Batty qui, après un accès de colère l’ayant amené à tuer Tyrell (en lui retirant sa vision au préalable), s’offre dans un ascenseur un trip intersidéral. De voir en effet les étoiles défiler au-dessus de sa tête, on eut dit que le Nexus six se projetait en réalité dans un vaisseau hyper-spatial. Retrouvait sa poésie dans un flashback subliminal. Avant de redescendre sur terre et d’afficher une moue boudeuse. Les androïdes ne rêvent pas seulement de moutons éléctriques.

Je veux plus de vie, père.